Pourquoi ce blog ? Vendre notre maison!
Certains cherchent une habitation, d’autres une maison.
Pour notre part, nous avons longtemps cherché une maison qui nous corresponde, une maison de charme, une demeure qui ait une histoire à raconter. Une maison qui ait des secrets et du potentiel pour permettre l’épanouissement de nos projets.
Comme de nombreux futurs acquéreurs, nous avons eu des difficultés à trouver ce type de maison.
Cette maison nous l’avons cherché, nous l’avons trouvé et aujourd’hui nous la vendons.
Cet espace a donc pour objet, en nous aidant dans la vente de notre maison, de la faire connaître aux amoureux de vieilles pierres, de maisons anciennes ou de charme. Et au fil de nos rubriques, au travers de notre expérience, vous faire rencontrer cette belle bâtisse du XVIIème siècle et peut-être vous faire aimer son caractère, son histoire, son potentiel et ses secrets.
mardi 21 août 2007
les anciens propriétaires de la maison
Par les actes de vente des six précédents propriétaires, nous avons abouti à un procès verbal d’adjudication du 16 janvier 1853 en faveur de Monsieur Brunet, acte dressé par Maître Lurot, notaire à Dourdan.
Nos recherches notariales se sont ensuite poursuivies aux archives départementales de l'Essonne où nous avons trouvé trace de cet acte précisant l'origine du bien par une vente d'un Mr Violette le 28 germinal de l'an VI (1798) à Versailles. Nous avons donc pris contact avec les archives départementales des Yvelines de qui nous espérons rapidement une copie de cet acte. La vente du bien précisera encore peut-être son origine antérieure et nous permettra donc ainsi de franchir la date de la révolution (où Hattonville était une paroisse avec un curé) et d'avoir confirmation que cette bâtisse était à usage religieux (presbytère ou autre).
Nous espérons bientôt compléter ce message avec d'autres éléments qui nous auront permis de remonter encore un peu plus dans le temps. Si notre intuition est bonne, cette enquête, ce jeu de piste passionnant, nous entraînera ensuite probablement aux archives de l'évêché de Chartres.
à suivre...
le chevalier d'Hattonville
Les aïeux de ses grands-parents paternels sont intéressants à double titre :
Sa grand-mère, la Princesse Louise-Diane d’Orléans (mademoiselle de Chartres) est la fille de mademoiselle de Blois, 5ème enfant et deuxième fille issue de la liaison entre Louis XIV et sa maîtresse la Marquise de Montespan !
Son grand-père, le Prince Louis-François de Bourbon-Conti est le petit-fils de François-Louis, prince de Conti, Prince de la Roche sur Yon, (élu roi de Pologne en 1697 puis évincé du trône par Auguste II), fils d‘Armand de Bourbon-Condé, Prince de Conti et d’Anna Maria Martinozzi, nièce de MAZARIN (le « premier ministre » de Louis XIV)!
la découverte d'un Chevalier d'Hattonville, parrain de la cloche du village
« L’an mil sept cents quatre vingt dix le lundi Septième jour du mois de juin, par nous, sous signé curé de cette paroisse a été bénie au nom des Saintes Marie et Rosalie avec les solennités et cérémonies prescrites une Cloche à l’usage de cette église […].
Le parrain Mre Marie François Félix Le Chevalier Seigneur d’Hattonville et de Groslieu, représenté par le Sieur Eustache Duplessis Régisseur du domaine de Saint Escobille et autres lieux, en vertu du pouvoir spécial à lui donné à cet effet Sieur Clausse avocat en parlement et tuteur de Mondit Sieur Le Chevalier en datte du treize mai présente année […].
Les dits représentans au nom de leurs dits Commétants signent avec nous le présent acte en présence et conjointement avec les Sieurs curés de Boinville le Gaillard, Orsonville, Garancières et Corbreuse et de plusieurs habitants présents à la cérémonie.
Coudray curé d’Hattonville. »
Hattonville a un chevalier, et donc peut-être un blason ? une nouvelle piste s’ouvre à nous …
le dernier curé d'Hattonville
« Aujourd’hui mercredi 29 octobre 1766, avant midy, en la présence et compagnie de Louis Merlin, notaire et tabellion des baillages, ville et comté de Rochefort et dépendances, soussigné, et des témoins ci-après nommés, Messire Françoise Coudray, prestre, curé de l’Eglise et paroisse d’ANTONVILLE EN BEAUCE y demeurant, étant présent en cette ville de ROCHEFORT, ou étant en devoir de vassal, un genou en terre, tête nue, sans épée, botte niéperons, selon la coutume de MONTFORT L’AMAURY, a demandé par trois fois différentes, à haute et intelligible voix, si très Haut, très puissant seigneur, Charles Jules Armand de Rohan, Prince de Rochefort […] était ici pouvoir recevoir ses vassaux en foy et hommage, serment de fidélité, déclarant qu’il en est un et que comme tel, il est venu exprès pour faire et porter à mon dot monseigneur prince de Rochefort, comme il luy fait et porte par ces présentes, la foy et hommage et le serment de fidélité à cause et pour raison d’un fief consistant en une pièce de terre labourable sise au terroir dudit HATTONVILLE, […] ladite pièce de terre appartenant à la cure dudit HATTONVILLE dont le dit sieur Coudray à l’usufruit en sa dite qualité de curé […] »
l'église sur laquelle s'adosse la bâtisse
Il s’agissait bien à l’origine de deux paroisses distinctes : Saint Pierre d’Allainville et Saint Germain d’Hattonville, toutes deux à la nomination du grand Archidiacre de Chartres.
Au cours de son histoire, cette paroisse d’Hattonville, de fondation carolingienne a été supprimée un ou deux fois en tant que paroisse mais non en tant que lieu de culte. Ainsi en 1556 fut rédigée la « coutume » de Montfort, acte motivé par le mariage d’Anne de Bretagne (1552). Hattonville y est nommée avec la mention « paroisse rattachée à Allainville et Chatignonville ».
Mais l’église et la communauté ont survécus et réussit à se faire reconnaître en tant que paroisse jusqu’à la révolution. A cette époque, elle est alors définitivement rattachée à Allainville (rebaptisée par les révolutionnaires Franciade Libre), l’église est désaffectée, et le dernier curé d’Hattonville , François Coudray, est déporté sur l’île de Ré à l’âge de 72 ans par le Directoire.
Si cette bâtisse était un presbytère, l’histoire de ce curé nous intéresse !
La chance a voulu qu’il écrive une autobiographie qui nous a permis d’avancer un peu plus dans nos recherches. (« notes et remarques du curé d’Hattonville-en-Beauce à la fin du XVIIIème siècle (1766-1792) » publié par E.Coüard dans les mémoires de la société archéologique de Rambouillet n°18 en 1905).
Les origines d'Hattonville
Hattonville vers 1150 a pour seigneur vassal de Montfort Philippe Chenard puis Héméri son fils puisbeaucoup plus tard en 1556, Marie Chantaule, Dame d’Hattonville de Marolles et du Rocher.
Entre temps, en 1415 a lieu la signature du traité de Paix conclu entre Charles VI et Jean Sans Peur, duc de Bourgogne (Centre Historique des Archives Nationales). Dans l’extrait concernant le comté de Montfort et lieux voisins, on voit apparaître dans la liste des personnes ayant prêté serment de tenir la paix ordonnée par le roi le 2 février , les curés d’Ablis, d’Allainville et Jean Landry, chapelain de Hattonville. Ce sont pour nous les plus anciennes traces de l’existence d’un lieux de culte à Hattonville, par la présence de ce chapelain, donc d’une chapelle.
Nous avons donc orienté nos recherches vers l’église aujourd’hui désaffectée à laquelle s’adosse notre maison.
ce qu'en disent les anciens

Le cadastre napoléonien au tout début du 19ème siècle, montre bien le corps principal du bâtiment adossé sur sa façade nord à l’église. Sa configuration deux siècles plus tard est restée identique, hormis le bâtiment dans la cour intérieur qui aujourd’hui n’existe plus. Qu’était-il ?

Une dépendance de plus pour les nécessités de la ferme ? Ou comme nous l’a proposé une amie historienne, peut-être l’équivalent d’un hospitalet permettant de recevoir les nécessiteux ou les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle dont un chemin passe à proximité. La façade d’une église du village voisin est ornée de son emblème.
Pour l’instant nous n’avons pas assez d’informations pour être catégoriques, mais ce sont autant de pistes à étudier.